Un encadrement

La première étape de l’encadrement est la conception. C’est à ce moment que sont effectués les choix sur la meilleure façon de conserver et de présenter l’oeuvre. La réalisation d’un encadrement professionnel est une démarche complexe demandant temps et réflexion. Vos oeuvres le valent bien.

Voici quelques informations sur les techniques et matériaux utilisés lors d’un encadrement. Grâce à ces renseignements, vous comprendrez mieux comment se réalise un bon encadrement et pourrez ainsi éviter les erreurs les plus courantes.

Passe-partout

À quoi ça sert ?

Le passe-partout empêche l’oeuvre de toucher à la vitre. Cet espace d’air est important il évitera que l’humidité se condense ce qui favoriserait l’apparition de moisissures. Dans le cas de certains médiums comme le fusain, la craie ou le pastel la distance entre la vitre et l’oeuvre doit être d’au moins 1/8″ (30mm) afin d’éviter que l’électricité statique ne fasse coller des particules du médium à la vitre. L’utilisation de plusieurs passe-partout ainsi que de pièces d’écartement permet d’augmenter la distance entre le médium et la vitre selon les besoins.

Le passe-partout sert d’arrière-plan visuel. Ainsi, plus le passe-partout est grand mieux c’est – en restant dans les limites du raisonnable, bien entendu. Il ne faut pas que le passe-partout prédomine sur l’oeuvre d’art. Si c’est le cas, c’est qu’il n’est pas de la bonne couleur. La grandeur du passe-partout à une influence directe sur l’effet visuel de l’encadrement.

Grâce au passe-partout, l’accent peut être mis sur certaines couleurs de l’oeuvre facilitant ainsi son intégration dans le décor ambiant.

Choix des couleurs

Le passe-partout du dessus doit avoir une couleur neutre et moins intense que celles de l’oeuvre. Si la couleur du passe-partout est trop intense elle distraira l’oeil de l’oeuvre d’art.

D’autres passe-partout ajoutés sous celui du dessus apporteront une touche de couleur favorisant l’intégration de l’encadrement au décor ambiant ou feront ressortir certaines couleurs de l’oeuvre.

Dimension du passe-partout

  • Des passe-partout étroits distraient plus qu’ils ne rehaussent.
  • Des passe-partout larges focalisent toute l’attention sur l’oeuvre.

Décoration

  • Les ornements sur les passe-partout peuvent mettre en valeur ou déprécier l’oeuvre d’art. Les techniques d’ornement utilisées peuvent être l’application de tissus, de lignes, de marbrures, de rainures. Laissez aller votre imagination, mais pas à l’excès.

Méthodes de coupe

  • Les encadreurs professionnels utilisent des appareils sophistiqués et coûteux pour tailler les passe-partout. Les ouvertures rectangulaires sont habituellement faites avec des rebords biseautés laissant voir l’épaisseur du passe-partout. Les tailles biseautées peuvent aussi être inversées pour donner un aspect différent.
  • Des ouvertures ovales ou rondes, biseautées peuvent aussi être taillées dans les passe-partout. Il faut alors des appareils spéciaux. Certains encadreurs n’offrent pas ce type de passe-partout ou alors ils les font faire à contrat chez un sous-traitant.
  • Les passe-partout taillés à la main sont rares de nos jours, les appareils professionnels s’acquittant de cette tâche parfaitement. Tout comme le lettrage fait à la main, la taille manuelle des passe-partout est un art en voie de disparition.

Types de passe-partout

  • Le passe-partout fabriqué de papier à base de pulpe de bois est le matériau standard. Il est traité au carbonate de calcium pour retarder le plus possible les brûlures par l’acide. Peu coûteux, ce matériau n’est cependant pas conseillé pour la préservation à long terme.
  • Le papier alpha cellulose est un papier à base de pulpe de bois hautement purifié (toute la lignine en a été extraite). Il coûte plus cher que le passe-partout standard. Il peut être utilisé pour la préservation s’il est neutralisé.
  • Le papier 100 % chiffon ne contient aucune pulpe de bois et est habituellement fait de fibres tout coton. Bien que ne contenant aucun acide, il est quand même neutralisé. Il s’agit du meilleur matériau disponible. Il est idéal pour la préservation.
  • Les passe-partout spéciaux, à âme noire ou de couleur, couverts de tissus ou nervurés sont ordinairement faits de papier standard à base de pulpe de bois.

Montage

Méthodes

Le montage de préservation est ce qui se fait de mieux. C’est la seule méthode reconnue par les experts de la préservation. L’oeuvre est suspendue par le haut par deux points d’attache au carton de fond 100 % chiffon en utilisant du papier japonais et une colle d’amidon à base de riz. D’autres montages de qualité conservation peuvent être réalisés selon les besoins mais ils doivent respecter les critères suivants :

  • Aucune modification permanente à l’oeuvre d’art. Le montage doit être totalement réversible avec des méthodes et des matériaux non destructifs.
  • Tous les matériaux en contact avec l’oeuvre doivent être 100 % chiffon ou alpha cellulose. Le minimum acceptable est 4-plis (épaisseur des passe-partout standard).

Le montage à charnière utilise de la toile, du papier ou un ruban spécial pour attacher le haut (uniquement) de l’oeuvre au carton de fond. Cette méthode est habituellement réversible et cause peu de dommage à l’oeuvre. Cependant, les adhésifs et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de qualité préservation.

Le montage humide utilise un adhésif à base d’eau (similaire à la colle pour papier peint) pour coller l’oeuvre sur un panneau de support. Bien qu’étant considérée comme permanente, cette méthode peut être inversée en trempant l’oeuvre dans l’eau. On obtient les meilleurs résultats avec cette méthode en utilisant une presse à vide.

Pour le montage à sec on se sert d’un tissus adhésif activé à la chaleur et d’une presse chauffante à vide ou pas. Le montage à sec est considéré comme permanent mais peut parfois être inversé avec de la chaleur ou des solvants.

Le montage par vaporisation utilise des adhésifs à base de solvants en aérosol. Ce genre de montage est aussi considéré comme permanent mais peut parfois être inversé en utilisant des solvants. Les meilleurs résultats sont obtenus avec une presse à vide.

Le montage en relief. Cette méthode est utilisée pour les oeuvres plus épaisses que la normale. Habituellement les adhésifs n’entrent pas en contact avec l’oeuvre d’art. Cette méthode peut être un montage de qualité préservation acceptable si des cartons 100 % chiffon sont utilisés.

Les onglets pour photos peuvent être achetés ou fabriqués sur mesure pour s’adapter parfaitement. Il s’agit d’une bonne technique de montage pour les photographies et autres oeuvres sur papier rigide. Cependant, les lois de la gravité jouent contre ce type de montage et les oeuvres peuvent s’affaisser et plisser horizontalement.

Panneaux de support

Les passe-partout sont souvent utilisés comme carton de fond. Ils peuvent être faits de papier standard, alpha cellulose ou 100 % chiffon selon le niveau de qualité désiré. Pour les pièces plus imposantes des renforcements pourraient être nécessaires pour ajouter de la rigidité.

Les panneaux en mousse sont faits de Styromousse recouverts de papier blanc lisse à basse acidité sur les deux côtés. Ce type de panneau est aussi disponible recouvert de papiers sans acide et de papier 100 % chiffon. Cependant, ces panneaux n’atteignent jamais les standards de préservation en raison de problèmes de dégagements gazeux.

Les panneaux 3X sont des cartons épais (similaires au carton à dessin) avec une surface blanche lisse de papier acide à base de pulpe de bois.

Conseils

Le montage de préservation devrait être utilisé pour toute oeuvre d’art originale, impression ou objet ayant une valeur sentimentale et que vous désirez conserver.

Le montage humide sous vide est recommandé pour les papiers poreux qui n’ont pas de grande valeur, comme les posters et les cartes géographiques. Il demeure stable années après années. NOTE : le carton de fond pourrait se déformer s’il n’est pas supporté par un cadre.

Le montage à sec est recommandé pour les photos et autres oeuvres sur papiers non poreux qui n’ont pas de grande valeur. Avec le temps, le tissu du montage à sec pourrait se détériorer et perdre son adhérence par endroits.

Les autres matériaux et méthodes de montages seront choisis selon le travail à effectuer.

Il faut éviter d’utiliser des matériaux qui ne sont pas adaptés au travail à effectuer.

Moulures

Bois

  • Manufacturées et finies en usine en longueurs spécialement pour les besoins de l’encadrement.
  • Immense variété de grandeurs, de formes et de couleurs.
  • Les prix varient de 4,00 $ à 300,00 $ le pied (13,00 $ à 975,00 $ le mètre). Le prix typique d’une moulure en bois est d’environ 8,00 $ le pied (26,00 $ le mètre).
  • Méthodes d’assemblage des coins :
    • Colle et clous à têtes perdues ; un étau à onglet s’avère nécessaire. Donne des résultats variables.
    • Colle et clous-équerres ; un appareil spécialement conçu pour ce travail est nécessaire. C’est la méthode la plus recommandée. Donne des résultats extrêmement fiables. Atelier Daniel utilise exclusivement cette méthode.
    • Colle et goujon de plastique. Les bouts des moulures doivent être préparés avec un appareil spécial (L’assemblage final du cadre peut se faire sans outils). Résultats fiables.

Aluminium

  • Aluminium extrudé, manufacturées en un nombre limité de formes et grandeurs.
  • Traitées par anodisation ou peintes, disponibles en plusieurs couleurs et finis.
  • Les prix varient de 2,00 $ à 30,00 $ le pied (6,50 $ à 97,50 $ le mètre). Le prix typique d’une moulure d’aluminium est d’environ 6,00 $ le pied (19,50 $ le mètre).
  • Les coins sont assemblés avec des pièces métalliques à pression.

Plastique : (non disponible à l’Atelier Daniel)

  • Habituellement faites de polystyrène.
  • Moulées ou extrudées, fini uni le plus souvent.
  • Les prix varient de 1,50 $ à 15,00 $ le pied (5,00 $ à 49,00 $ le mètre). Le prix typique d’une moulure en plastique est de 5,00 $ le pied (16,25 $ le mètre).
  • Les coins sont assemblés avec une colle spéciale très forte. On utilise aussi parfois des clous.

Verrerie

Verre

  • Le verre d’encadrement clair est le matériau le moins cher et le plus utilisé pour les encadrements. Il est souvent appelé « verre régulier » mais il ne doit pas être confondu avec le verre pour les fenêtres qui est de moindre qualité.
  • Le verre anti-éblouissant. Le prix de ce type de verre est deux fois plus élevé que celui du verre clair. La surface traitée du verre anti-éblouissant brouillera l’image lorsque celle-ci est regardée de côté. Plus la distance entre l’image et le verre sera grande, plus l’image apparaîtra brouillée.
  • Le verre filtrant. Disponible en version claire ou anti-éblouissant, le verre filtrant les rayons ultraviolets est recommandé pour tous les projets de conservation. Il est traité du côté intérieur pour filtrer plus de 95% des rayons UV qui causent la décoloration. Les rayons UV sont présents dans toutes les sources de lumière mais particulièrement dans la lumière du soleil et la lumière des fluorescents. Le prix du verre filtrant est à peu près le même que celui du verre anti-éblouissant.
  • Le verre anti-reflets. Le verre anti-reflets est disponible avec ou sans filtre UV. Il n’est pas traité de la même façon que le verre anti-éblouissant et le traitement peut être appliqué sur un ou sur les deux côtés du verre. L’enduit métallique appliqué sur le verre disperse la lumière réfléchie permettant une plus grande clarté qu’avec n’importe quel autre type de verre. Sous certaines conditions, le verre semble disparaître complètement. Ce type de verre est relativement nouveau dans le domaine de l’encadrement. Son prix est de 4 à 10 fois plus élevé que celui du verre régulier.

Plastique

  • L’acrylique a l’aspect du verre mais coûte plus cher. Il demande plus de travail de la part de l’encadreur. Il est léger, incassable et plus flexible que le verre. Ses points faibles sont qu’il s’égratigne facilement, cause de l’électricité statique (ce qui est désastreux pour les médiums comme le fusain ou le pastel) et tend à se déformer lorsqu’il est de grande dimension. Il est disponible en plusieurs épaisseurs avec ou sans filtre UV.
  • Le styrène est un substitut moins coûteux à l’acrylique et a des caractéristiques similaires. Lorsqu’il est neuf, il a la même apparence que l’acrylique mais il a tendance à jaunir et à devenir cassant avec le temps.

Stratifiés flexibles

Ceux-ci peuvent être utilisés sur les posters, les photos et les autres oeuvres facilement remplaçables et de faible valeur. Les stratifiés sont des pellicules de vinyle enduites de colle sur un côté et leur surface peut être texturée, mate ou glacée. Certains sont enduits de colle réagissant à la pression et peuvent être appliqués avec un rouleau. D’autres, sont enduits de colle réagissant à la chaleur pour être utilisés avec une presse pour montage à sec. Le laminage est permanent et ne peut être utilisé pour la préservation.

Les dimensions

  • Le coût de l’encadrement dépend des dimensions du cadre. Les encadreurs utilisent la mesure du demi périmètre pour calculer le prix. Autrement dit, le demi périmètre = la hauteur + la largeur du périmètre de la rainure (dimension de l’ouverture) du cadre. Par exemple, un cadre de 16″ X 20″ a un demi périmètre de 36.
  • La plupart des matériaux en feuille ont une dimension de 32″ X 40″ (81,28 cm X 101,6 cm). Toute dimension plus grande est considérée comme surdimensionnée. Le coût est plus élevé pour le matériel surdimensionné et le choix de couleurs des passe-partout est beaucoup plus limité. Enfin, ces matériaux plus gros sont plus difficiles à manipuler et à entreposer ce qui augmente les coûts de main-d’oeuvre.

Montage : (assemblage de toutes les parties)

  • Les cadres de bois et de plastique : Pour tenir toutes les pièces nous utilisons des pointes de vitrier, des clous à têtes perdues ou des agrafes partiellement enfoncées du côté intérieur de la moulure. Pour certain type de cadre, des attaches en saillie seront nécessaires.
  • Les cadres en métal : Les différentes parties sont retenues ensemble par la moulure elle-même mais c’est trop lâche. Pour tenir les parties fermement nous utilisons des attaches élastiques spéciales.
  • Tous les cadres doivent être munis d’un papier protecteur contre la poussière. Nous couvrons complètement l’arrière du cadre avec un papier noir de forte épaisseur. Cette façon de faire, en plus de rehausser l’apparence de l’encadrement, scelle le cadre protégeant ainsi son contenu de la poussière et des insectes. Les peintures sont aussi protégées contre la poussière avec un papier protecteur mais dans ce cas, une ouverture y est pratiquée afin de permettre au canevas de respirer.
  • Les coins du bas du cadre doivent être munis de petits butoirs afin de a) garder un espace entre le bord du cadre et le mur pour favoriser la circulation de l’air ; b) empêcher le cadre de bouger facilement contre le mur et, c) protéger la surface du mur.

Matériel d’accrochage

  • Les crochets en dents de scie feront l’affaire pour les petits encadrements mais ne devraient pas être utilisés pour les cadres dépassant 5″ x 7″ (12 cm x 18 cm).
  • Le fil de fer est parfait pour les encadrements dont le poids ne dépasse pas 20 lbs (9 kg). Les fils en acier inoxydable ou recouverts sont plus solides. De plus, ils ne rouilleront pas, ne se corroderont pas et ne marqueront pas les murs. Nous nous assurons que les bouts soient solidement attachés aux crochets et que ceux-ci soient solidement fixés au cadre. Pour suspendre votre cadre, ne vous contentez pas d’un simple clou planté dans le mur. Choisissez les crochets appropriés aux dimensions du cadre, utilisez deux crochets par cadre et espacez-les pour éviter que le cadre bouge.
  • Pour les encadrements de plus de 20 lbs (9 kg) nous n’utilisons pas de fil de fer, nous installons plutôt un crochet de chaque coté du cadre. L’utilisation de fil de fer pour suspendre un encadrement lourd, tire les côtés vers le centre et soumet les coins à un stress. Le haut et le bas du cadre tendent alors à se courber.